La recherche sur la décroissance numérique critique principalement l’expansion numérique ou présente des pratiques numériques alternatives. Cependant, analyser le lien entre les technologies numériques et la complexité est crucial pour surmonter les obstacles systémiques entravant la désescalade numérique. Cet article présente les différents types de liens entre la complexité et le numérique observés dans la littérature : la complexité infrastructurelle inhérente aux technologies numériques, la complexité socio-politique qu’elles induisent et enfin, la complexité ontologique (les manières dont l’individu se rapporte à son environnement) freinée par la numérisation. L’article explore ces liens pour identifier des moyens de réduire les complexités infrastructurelles et socio-politiques, et de s’éloigner du paradigme réductionniste, afin de soutenir la décroissance numérique. Son développement montre que la complexité induit des effets de cliquet (c’est-à-dire des irréversibilités dans le développement d’une technique dans une société), rendant les efforts de décroissance difficiles à gérer pour les individus. Par conséquent, des stratégies pour surmonter ces obstacles sont proposées, suggérant que les approches de simplification par le bas ont plus de chances de faire émerger des alternatives de la part de différents acteurs (y compris les utilisateurs). Ce basculement numérique suppose le développement de méthodes et d’outils techniques permettant aux individus de se désengager des attachements à leurs pratiques numériques et aux infrastructures, ouvrant ainsi un champ d’étude substantiel.
Cet article a été proposé lors de la conférence LIMITS24′. Il est rédigé en anglais. Vous le trouverez sur le lien suivant :
https://computingwithinlimits.org/2024/papers/limits2024-girard-deescalation.pdf