Proposition d’une grille d’analyse des effets systémiques de la numérisation

V5 de la grille à retrouver en cliquant sur le pictogramme

Lors d’un travail d’enquête auprès d’une organisation, dont le but était de cartographier ses attachements au numérique, la question suivante s’est posée : quel indicateur environnemental choisir pour “évaluer” ces outils numériques ?

La solution d’un indicateur quantitatif issu d’une analyse de cycle de vie ne semble pas pertinente, puisque montrant souvent une vision parcellaire des enjeux environnementaux très étendus du secteur numérique (émissions carbones, toxicité, emprise au sol des mines, impacts des déchets numériques, utilisation d’eau, etc). L’état de l’art réalisé lors de mes travaux de thèse a permis de montrer qu’il existe une synergie forte entre l’avancée de la numérisation de notre société et le régime de croissance qui la caractérise. Ainsi, il est important de s’intéresser aux dynamiques de croissance qui soutiennent et sont soutenues par l’infrastructure numérique plutôt qu’à ses impacts environnementaux directs. Ainsi, il m’a paru intéressant de proposer un indicateur qualitatif qui permet de répondre à la question suivante : Dans quelle mesure l’outil numérique tel qu’il est déployé dans mon organisation permet-il d’alimenter ou de s’opposer au régime de croissance de la société ?

Le problème et qu’il est difficile d’établir un indicateur (même qualitatif) qui permette à des personnes de comparer et classer plusieurs outils numérique en prenant en compte des enjeux de nature systémique. Ainsi, nous avons opté sur une grille utilisable lors d’un atelier collectif, qui permet d’étudier les effets indirects d’un outil numérique selon 6 critères d’analyse, avec une fiche présentant des éléments de compréhension et des ressources à consulter associées à chacun de ces critères : croissance, utilité, complexité, infrastructures, autonomie, effets rebonds.

Ces supports ont été développés en s’appuyant sur une analyse thématique d’un corpus d’ouvrages sur les thèmes de la décroissance et de la techno-critique, puis a été confrontée à trois phases d’amélioration via l’expérimentation auprès des cas d’étude.

Plus qu’un simple indicateur, la grille proposée permet donc aux organisation de questionner les outils numérique qu’elle utilise, dans une optique de politiser la mise en place d’applications de nouvelles technologies au sein de la structure.

 

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